Programmation 2022-23-24

Léopold Foulem 

Montréal Qué - Caraquet NB

14 juillet - 30 août 2022

Hommes et jeunes hommes

La nouvelle exposition intitulée Hommes et jeunes hommes sera composée d’œuvres récentes de Léopold L. Foulem. Ce cinquante-septième solo comportera, en plus de sculptures céramiques sur lesquelles il a établi sa carrière internationale, quelques dessins homoérotiques inédits. Ceux-ci proviennent d’un lot important récemment découvert de dessins d’observations effectués en 1977 alors qu’il était étudiant à l’Indiana State University d’où il obtiendra sa Maîtrise en beaux-arts (MFA) en 1988.

Puisque cette prochaine exposition individuelle coïncidera avec l’événement Acadie Love, la thématique homosexuelle sera évidemment le fil conducteur des œuvres présentées, problématique plastique que Foulem exploite déjà depuis 1968 de manière récurrente dans son œuvre prolifique et politique. Entre autres, notons quelques-unes de ces expositions dans lesquelles ses sculptures ouvertement gaies figuraient exclusivement : Y’a reines pis reines (1988), L’homme objet (bronzes, 1990), Santa, Blue Boy and the Colonel : Singular Congeries in Clay (2004), Bibelots? (2012) et More Bibelots? (2013). En 2014, ses céramiques furent incluses dans l’importante exposition Camp Fire : Le baroque Queer de Léopold L. Foulem, Paul Mathieu et Richard Milette présentée dans deux musées canadiens, un troisième américain ainsi qu’à l’importante Saint Mary’s University Art Gallery de Halifax.

09_priest_black_cassock.jpg

Priest in Black Cassock with Boy on Mount
 Céramique et objet trouvé
  2012


les bouleversements_01.jpg

Fanny Basque  Bas-Saint-Laurent Qué

6 septembre - 9 novembre 2022

 Les bouleversements 

Les bouleversements est la résultante d’une résidence de recherche et création réalisée ici, à Caraquet en octobre 2019. Ce projet photographique, vidéo et sonore interroge de façon intime et poétique mon rapport à l’Acadie, tout particulièrement à la péninsule acadienne et à sa culture dominante, la pêche. Ayant grandi dans cette même péninsule, ce séjour fut pour moi unique et complexe comme peut l’être un retour chez soi après un moment d’absence.

          Avant cette résidence de recherche et création, mon lien avec la pêche me semblait plutôt flou et incertain. Je percevais la pêche comme une culture que j’avais connue, mais qui m’était devenue complètement étrangère. Je questionnais et même redoutais la pertinence de mon point de vue sur le sujet. Mais très rapidement, au fil du temps des souvenirs regorgés d’histoires et d’anecdotes me liant à la pêche se révélèrent à mon esprit. Je comprenais que j’étais non seulement intimement lié à cette culture, mais qu’elle faisait partie intégrante de mon identité.

          Avec une caméra argentique et une numérique, un enregistreur audio et un carnet de bord, je suis allée à la rencontre d’espaces familiers et d’espaces nouveaux, étant pour moi, tous interreliés avec le thème qui m’était proposé. Je passai la plupart de mes promenades seule, voyageant à pied et en auto. Ces balades méditatives m'amenèrent à capter des images contemplatives et subjectives, reflétant l’état de mes introspections, les doutes, les questionnements, mon désir de connexion, et l’écoanxiété omniprésente en moi.

          Les bouleversements dévoilent des traces imagées d’une recherche teintée d’un regard doux et franc envers une culture et un territoire que je tente de comprendre et de ressentir. C’est un amalgame de liens que je tente de démêler et d’honorer.

26 janvier au 11 mars 2012.

Sylvie Pilote Dalhousie NB

25 novembre 2022 - 15 janvier 2023

Cornu copiæ

Cornu copiæ consiste en une installation d'œuvres sculpturales hybrides qui explorent notre relation avec l'objet en contexte de surconsommation. Il pose un regard critique sur l'évolution de ce rapport qui unit l'humain consommateur et le produit de consommation, et s'attarde aux nombreux paradoxes qui marquent ce rapport à un niveau de consommation dépassant celui du besoin utile ou nécessaire.

Pour prendre conscience de ce rapport ambigu et complexe, le spectateur est confronté à une personnification multiple de la surconsommation qui abrite en son sein l'humain en état de servitude face à l'objet censé le servir, consommateur consumé par un système de production qu'il a lui-même créé en réponse à un mode de vie nécessitant une surexploitation de ressources naturelles qui sont vitales à l'écosystème dont il fait partie. Démesure et surcharge caractérisent cette exposition et rappellent cet équilibre qu'est venu récemment fragiliser l'apparition du covid-19 et que des chercheurs ont mis en corrélation avec notre mode de vie. L'humain qui se protège à coups de glyphosate des plantes jugées nuisibles est devenu à son tour espèce invasive par le biais de son empreinte écologique.

Considérant que ce phénomène découle d'un système capitaliste et patriarcal qui tire les ficelles d'une société axée sur l'image, je privilégie une esthétique anarchique, créée à l’aide d’agencements incongrus de matériaux fragmentés en rupture avec leur contexte original.

La belle et la bête. 2019

Sylvie_Pilotte_Eclosion_detail.jpg

 L'Éclosion. 2022

sitepsd.jpg

Christian Michaud Edmunston NB

20 janvier - 11 mars 2023

Des animaux et des hommes 

 Le travail de modelage a été l’occasion pour moi de me réapproprier une liberté de jeu dans le travail des formes et des motifs. Un travail de recherche qui, à bien des égards, trouve ses références iconographiques et formelles en lien avec ce que nous avons l’habitude de désigner par l’expression : « art populaire ». Disons plutôt que ce projet de création est le résultat d’un état d’esprit très libre du point vue visuel plastique, tout en étant salvateur en ce qui concerne les mesures de confinement qui nous ont été imposées depuis le début de cette crise Covid-19. Bref, il s’agit pour moi ici, de réagir à un état de chose qui s’est invité sans prévenir, avec ses conséquences sur mes habitudes de vie et de création comme plasticien.

L’image qui me vient à l’esprit pour communiquer mes intentions créatrices, et le je dis avec circonspection : qui n’a pas éprouvé le sentiment de se retrouver subitement comme « un animal en cage » ; privés de nos semblables, de nos espaces de jeu, de notre nécessaire rapport à l’autre. Mon programme de recherche repose donc sur cette thématique en rapport avec le monde animal comme forme de vie. Je dois dire que j’ai trouvé beaucoup de plaisir à me réapproprier l’art du modelage et en interrogeant le monde animal : pour la diversité de ses formes, de ses couleurs, comme pour les émotions que cette même recherche sollicitent et provoquent. Je pense, plus concrètement, à ce dialogue formel que rend possible le face-à-face de ces petites têtes et motifs maintenus en équilibre fragile sur un même support (exemple dans le document papier). À ce jour, il reste bien des aspects en rapport avec la disposition des œuvres en galerie qui restent à déterminer. Mais, comme je suis très sensible au fait de concevoir le lieu d’exposition comme un véritable réceptacle pour mes ensembles thématiques, il faut imaginer des solutions formelles et visuelles qui pourront maintenir les œuvres dans une relation plus dynamiques, plus physiquement avec les composantes architecturales du lieu : son volume, son éclairage, le tout accompagné d’une disposition stratégique des œuvres au sol, sur les murs et dans le vide de la galerie. Bref, je pense être en mesure de finaliser ce travail à l’été 2022. Dans l’éventualité que votre comité de sélection manifeste son intérêt pour à cette proposition visuelle, je pourrai, dans les prochains mois, vous communiquer l’état d’avancement du corpus avec les types de dispositifs qui seront retenus pour la présentation de l’exposition, Des animaux et des hommes.

Lieux de passage et territoires occupés par les uns et les autres.  Caraquet NB

17 mars - 13 mars 2023

Gordon Sparks  Pabineau NB

Mathieu Boucher Côté Tracadie NB

Deux artistes sont invités à Caraquet pour une résidence  de 30 jours autour d’un site où les Mi’gmaqs habitaient jadis.  Ils explorent le lieu et ce qu’il représente aujourd’hui et jettent aussi un regard sur son passé et ce qu’il est aujourd’hui.  Ces lieux furent occupés pendant des siècles par les Mi’gmaqs et leurs ancêtres.  Il est habité maintenant par les descendants des Normands et Acadiens arrivés au 18e siècle.  Un lieu marqué par la mémoire, la tradition et la géographie. Un lieu qui est et fut occupé par les uns et les autres.

S’inspirant du lieu, ils vont créer une ou des œuvres sur place ou plus tard. Ils présenteront leur travail à la galerie en mars 2023

 

Gordon Spark est Mi’gmaqs, originaire de la Nation Pabineau NB, il vit à  Bathurst NB.  Artistes sculpteur de masques traditionnels, il revient et redécouvre les cérémonies, la nutrition et la médecine traditionnelle par son art. Sur place, il compte réaliser un masque traditionnel. Une oeuvre qu'il propose comme un lien entre la Nation Papineau et Caraquet. Pour faire, il parcourt d’abord la forêt assistée de sa sœur RoseMary.  Ils choisissent un arbre selon la tradition Mi’gmag. Il  s'ensuit alors un rituel où s’entremêlent des chants et une incantation en respect de l’arbre qu’il va couper.  Il en tire une bûche dans laquelle il sculpte le masque durant un mois. Il est installé à l’extérieur, sur le site d’un ancien campement d’été des Mi’gmaqs. 

 

Mathieu Boucher Côté est originaire du Québec et vit à Tracadie NB. Il est artiste sculpteur et architecte.

"Pour le projet de recherche-création initié pendant cette résidence, je veux travailler avec différentes couches d'images, d'objets sculpturaux et  avec les émotions et souvenirs des habitants de Caraquet et de la communauté de Pabineau qui seront présentés sous forme de cartographie et de capsules audio.

Pour ce faire, je vais entrer en contact avec différentes personnes de la région et leur demander de partager des souvenirs qui sont liés à des lieux particuliers. 

J'assemblerai ensuite différentes images, sons, lieux, souvenirs et objets fabriqués pour créer une sorte d'archive d'un hypothétique "passé futur" que les gens pourront consulter (ce passé futur hypothétique prendra probablement la forme d'une exposition).

Ce que je cherche à créer à partir de cette résidence, ce sont des mythologies d'un "futur antérieur" dans lesquelles les préoccupations sont inhérentes à cet autre futur que nous voudrions construire. Je voudrais que l'expérience de ce nouveau monde spéculatif remette en question la façon dont nous construisons actuellement notre propre avenir."

Nous remercions le Conseil des arts du Canada de son soutien.

CCA_RGB_colour_e.jpg

Mathieu Boucher Côté 

Gordon Sparks à l'oeuvre

Sans titre-1 copie.jpg
BSdN_NATUROELEMENTA_versionFINALE copie.jpg

Les serres 2016 (diptyque) Acrylique et plexiglas sur bois 122 x 152 cm

Barbara  Safran  de  Niverville Riverview, NB

19 mai - 8 juillet 2023

Naturo elementa

Barbara  Safran  de  Niverville est artiste peintre. Elle a progressivement développé une perspective artistique hautement personnalisée remettant constamment en  question le lien existant entre le canon traditionnel de l’art occidental et la représentation visuelle du paysage. Son approche artistique actuelle consiste à explorer des sites soigneusement sélectionnés dans le but de produire des résultats basés sur une analyse progressive du contenu de la nature. Son travail révèle un penchant particulier pour les sites inaperçus, inutilisés et, pour la plupart, ignorés et trouvés dans des décors naturels quotidiens, et fonctionne dans un continuum existant basé sur l’expérience d’événements passés et présents, qui renvoient à leur tour aux problématiques actuelles abordant l’être et le lieu.

En-tête 1

Carl Philippe Gionet 

14 juillet - 2 septembre 2023

MÉDITATION SUR SAINT SÉBASTIEN (2021)

Installation vidéo

« De nos jours, la réalité est de plus en plus filtrée, mise en scène, curated, et la violence banalisée. Méditation sur saint Sébastien questionne notre rapport à la souffrance et à son esthétisation. »

Dans la tradition chrétienne, saint Sébastien a toujours été considéré comme l’un des plus importants protecteurs de la santé, souvent invoqué lors des épidémies. En cette période de pandémie, le pianiste et artiste pluridisciplinaire Carl Philippe Gionet s’est questionné sur la représentation de la souffrance entre les différentes époques. À travers l’étude d’une multitude d’œuvres sur saint Sébastien dans l’histoire de l’art, il a conservé, en élaborant ce projet, plusieurs canons de la peinture et de la sculpture classiques, notamment le chiaroscuro et le contrapposto, qui agissent un peu comme des citations d’œuvres anciennes, unissant ces époques lointaines à la nôtre. Ces concepts de luminosité et de posture, hérités des modèles classiques, sont intégrés dans notre culture et font presque partie de notre inconscient collectif. Lorsque traitées de façon plus contemporaine, ces images provoquent en nous un sentiment de déjà-vu, une zone imprécise et floue, entre le connu et l’inconnu. L’environnement sonore est constitué d’une improvisation musicale de l’artiste à laquelle ont été superposés des chants de merles noirs et de rossignols.

Tous les projets incluant la vidéo sur lesquels Carl a travaillé depuis 3 ans ont été filmés et enregistrés soit avec un iPod ou un iPad, sans aucuns effets spéciaux.

Carl Philippe Gionet est pianiste et artiste pluridisciplinaire. En musique, que ce soit comme soliste ou pianiste collaborateur, il est très en demande partout au Canada et en Europe. Comme artiste en arts visuels, il travaille presque exclusivement en noir et blanc, principalement en peinture et en installations vidéo de grands formats.

Présenté en partenariat avec le festival AcadieLove,  le Festival Acadien 2023 et le Centre culturel de Caraquet.

Séquence: Études sur la représentation de saint Sébastien

site1.jpg
La pêche à l'éperlan.jpg

Julie D'Amour Léger Caraquet NB

8 septembre - 29 octobre 2023

Le monde des pêches

Photos

La thématique de la pêche fait partie de l’identité acadienne.  J’approche le sujet d’une façon contemporaine, en valorisant l’aspect humain avant celui de la ressource.  Je découvre les différentes pêches, ce qu’elles exigent de ceux qui la pratiquent et surtout, ce que la mer comme environnement de travail a de si impressionnant. Ce contexte difficile et toujours changeant attire pourtant des hommes et de plus en plus de femmes qui en font leur milieu de travail.  De plus, le monde des pêches doit s’adapter aux changements climatiques, à la protection de la ressource, à la migration des baleines et aux nouvelles technologies. C’est dans cette optique que je trouve de plus en plus important, voire urgent, de revisiter l’image traditionnelle d’une pratique en constante évolution.  

 

Monter à bord, me confondre à l’équipage, témoigner d’un mode de vie ancestral qui s’est modernisé avec les nouvelles technologies, représente pour moi une expérience riche et intense, tant humainement qu’artistiquement.  La gestuelle quasi chorégraphique qui se déploie sur un pont en mouvement, ces gens intrépides aux habits cirés et colorés sur fond de mer bleue, ces équipements de pêche qui entrent et sortent de l’eau remplis de poissons ou de crustacés m’inspirent et me ramènent à mon identité collective, car plus que tout autre milieu, celui de la pêche est intimement lié au peuple acadien.

 

Depuis maintenant deux ans, je photographie le monde des pêches et j’écris, en guise de journal de bord, des articles qui sont publiés dans le magazine en ligne L’Heure de l’Est.  Ce complément à ma démarche, qui est fait de façon bénévole, me permet de partager mes expériences et de réfléchir au livre que j’aimerais ultimement publier sur le monde des pêches et à l’exposition qui en fera l’objet.  Je vais profiter d’une autre saison pour embarquer avec de nouveaux équipages et découvrir d’autres pêches, dont la pêche aux crevettes qui se passe en haute mer sur plusieurs jours.

Rendu possible grâce au Ministère TourismePatrimoine et Culture NB

Logo Nouveau-Brunswick copie.jpg